Réseaux sociaux et création de contenu : un casse-tête fiscal pour les professionnels de santé ?
Aujourd’hui, les influenceurs connaissent un succès grandissant Vous êtes infirmière, kinésithérapeute, ostéopathe ou médecin, et vous partagez votre expertise sur les réseaux sociaux ? Partage d’informations, conseils liés à votre expertise, vos services peuvent prendre de multiples formes.
Entre les consultations, les soins et la gestion administrative, votre activité d’influenceur santé vous pose question : "Dois-je déclarer les sommes générées par mes vidéos, mes posts ou mes partenariats ?" Quel est le statut juridique de ces services de création de contenu ? Que dit la loi, le code des Impôts ?
Chez Comptasanté, nous savons que la fiscalité peut sembler aussi complexe qu’un diagnostic rare. Pourtant, comme pour la santé de vos patients, une bonne organisation et un accompagnement expert font toute la différence. Oui, la rémunération perçue se révèle imposable.

Pourquoi les influenceurs « santé » connaissent un succès grandissant ?
Les réseaux sociaux sont devenus un levier puissant pour :
Partager votre expertise (conseils santé, prévention, éducation thérapeutique),
Développer votre notoriété et attirer de nouveaux patients,
Monétiser votre audience (vos abonnés) via des partenariats, des formations en ligne ou des contenus sponsorisés.
Cette nouvelle forme de promotion concerne tous les secteurs d’activité. Naturellement, parce que la Santé représente un des centres d’intérêt prioritaires des Françaises et des Français, devenir influenceur dans ce domaine représente donc une opportunité. En France, la loi a encadré ce marché de l’influence, afin de se protéger d’éventuelles dérives. Les professionnels de santé sont, comme tous les autres indépendants mais aussi comme toutes les entreprises, tenus de respecter cette réglementation, tout en se conformant aux exigences spécifiques qui leurs sont faites (notamment vis-à-vis de la déontologie)
Ainsi, tout revenu, même occasionnel, doit être déclaré. Que vous gagniez 50 € ou 5 000 € par mois grâce à Instagram, TikTok ou YouTube, l’administration fiscale considère ces sommes comme des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Ces dérivés de votre activité professionnelle doivent donc être suivis et gérés (les recettes perçues sont imposées, votre responsabilité est engagée). Les influenceurs dans le domaine de la santé peuvent exercer en choisissant leur statut (indépendants, création d’une entreprise, …) mais aussi en diversifiant leurs activités (vente ou promotion de produits, contrats de sponsoring, …). Leur situation sociale, fiscale et comptable dépend ainsi de multiples aspects.
Il ne faut pas penser, que cette partie de votre rémunération reste trop faible pour faire l’objet d’une déclaration. L’Urssaf et le fisc ont aujourd’hui les outils pour croiser les données (plateformes de paiement, banques, etc.). Mieux vaut anticiper que subir un redressement.
Pour encadrer ses pratiques, la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux a posé les grandes règles à ne pas franchir.
Déclarer ses revenus de création de contenu en toute sérénité
Exercer en tant qu’influenceur procure une rémunération, qu’il vous faut déclarer. Dans le cadre de votre activité de professionnel de santé, il vous faut également respecter les grands principes de votre code de déontologie.

Identifier la nature de votre rémunération
Dans le cadre du « marketing d’influence », plusieurs activités peuvent être conduites. Il s’agit, pour commencer, de bien définir la nature de ces revenus, que l’on peut regrouper en trois grandes catégories :
Type de revenu | Exemples | Régime fiscal applicable |
|---|---|---|
Rémunérations ponctuelles | Sponsoring, placements de produit | BNC (si activité libérale principale) ou BIC (si activité commerciale) |
Revenus récurrents | Abonnements formations en ligne | BNC ou BIC selon l’activité |
Ventes de produit | E-books, templates, coaching | BIC (activité commerciale) |
Si votre activité principale reste libérale (consultations, …), vos revenus annexes dérivés (sponsoring, formations) seront généralement imposés en BNC. En revanche, si vous vendez des produits (compléments alimentaires, huiles essentielles, etc.), les revenus correspondants relèvent de la catégorie des BIC.
Choisir le bon régime fiscal
Vos encaissements sont encadrés par la loi fiscale et la réglementation en vigueur. Votre déclaration (et donc votre imposition) variera en fonction du niveau de votre rémunération mais aussi de votre statut (entreprises à titre individuel, société d’exercice libéral, etc.).
Régime fiscal | Conditions | Avantages | Inconvénients et points de vigilance | |
|---|---|---|---|---|
Micro-BNC | Revenus inférieurs à 77.700 € | Déclaration simplifiée avec un abattement automatique de 34 % pour vos frais professionnels | Pas de déduction de vos charges réelles | |
Déclaration contrôlée | Revenus supérieurs à 77.700 € OU Choix de votre part | Déclaration de vos frais réels |
| |
Auto-entrepreneur (les micro-entreprises) | Obligation si vos revenus annexes dérivés sont supérieurs à 10.000 €/an pendant deux années consécutives | Déclaration simplifiée | Impossibilité pour les professionnels libéraux de santé de cumuler une activité libérale avec une micro-entreprise |
Certains ordres professionnels (médecins, kinés, infirmiers) encadrent strictement la publicité, la vente de produit et la monétisation de l’expertise.
Interdiction de promouvoir des produits de santé sans autorisation (ex : médicaments, dispositifs médicaux),
Obligation de transparence : Mentionner systématiquement votre numéro RPPS (pour les médecins) ou votre numéro ADELI (pour les paramédicaux) dans vos contenus sponsorisés,
Respect du secret professionnel : Aucun cas patient ne doit être évoqué, même de manière anonyme,
Consultez le code de déontologie de votre ordre avant de signer un contrat de partenariat. En cas de doute, votre expert-comptable spécialisé santé (comme Comptasanté !) peut vous guider.
Les étapes clés pour cette déclaration
Suivez ce checklist pour éviter les oublis :
Ouvrir un compte bancaire dédié, visant à distinguer vos revenus dérivés de ceux de votre activité principale. Cette ouverture est obligatoire si ces revenus dérivés sont supérieurs à 10 000 €/an.
Conserver toutes les preuves :
Factures émises (pour chaque contrat de partenariat),
Relevés bancaires (virements des plateformes comme YouTube, Instagram, etc.),
...
Déclarer vos revenus :
Formulaire 2035 (pour les BNC en déclaration contrôlée).
Formulaire 2042 C (case 5HQ pour les BNC en micro-BNC).
Payer vos cotisations sociales :
Via l’Urssaf (taux variable),
Exonération possible si vos revenus < 5 000 €/an (mais déclaration obligatoire).
Se conformer à la réglementation pour exercer en toute sérénité
Pour pouvoir vous lancer et / ou vous mettre à jour face à chaque obligation sociale et fiscale, 3 conseils simples peuvent vous aider :
Faites un état des lieux :
Listez tous vos revenus annexes (même les petits montants).
Identifiez leur nature (BNC ou BIC).
Ouvrez un compte bancaire séparé :
Évitez de mélanger vos encaissements de consultation et ceux liés aux réseaux sociaux.
Consultez un expert :
Un comptable spécialisé santé (comme Compta Santé) vous aidera à :
Choisir le bon régime fiscal.
Optimiser vos déductions (matériel, logiciels, etc.).
Vérifier la conformité déontologique de vos activités.
Conclusion : Vous n’êtes pas seul(e) face à la fiscalité des réseaux sociaux
Entre les algorithmes qui changent, les règles fiscales qui évoluent et les obligations déontologiques, gérer ses revenus annexes peut sembler décourageant. Pourtant, avec la bonne méthode et le bon copilote, tout devient plus simple.
Chez Compta Santé, nous croyons que votre temps est précieux : il doit être consacré à vos patients, pas aux paperasses. Notre mission ? Vous libérer de ce poids administratif pour que vous puissiez vous concentrer sur l’essentiel : votre pratique et votre passion.
Toutes les professions de santé connaissent-elles les mêmes encadrements, la même réglementation ?
La promotion et l’influence sont encadrés par la loi, mais chaque ordre professionnel a également adopté des principes plus ou moins contraignants. Ainsi, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes impose à tous les professionnels de déclarer l’utilisation d’un pseudonyme.

FAQ : Tout savoir sur la fiscalité et la déontologie des revenus issus des réseaux sociaux
Dois-je déclarer les revenus générés par mes réseaux sociaux et / ou mes activités d’influenceur ?
✅ Oui, absolument.
Tous les revenus, même occasionnels (sponsoring, partenariats, abonnements, ventes de formations, etc.), doivent être déclarés à l’administration fiscale.
Pourquoi ? L’Urssaf et le fisc peuvent croiser les données (plateformes de paiement, banques, etc.). Un oubli peut entraîner un redressement fiscal avec pénalités.
Mes revenus de réseaux sociaux sont-ils imposables en BNC ou en BIC ?
Cela dépend de la nature de votre activité :
Type d’activité | Régime fiscal | Exemples |
|---|---|---|
Activité libérale (conseils, formations liées à votre expertise médicale/paramédicale) | BNC (Bénéfices Non Commerciaux) | Coaching en ligne, webinaires, consultations payantes via les réseaux |
Activité commerciale (vente de produits, services non liés à votre métier libéral) | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) | Vente d’e-books, de compléments alimentaires, de merchandising |
À partir de quel seuil dois-je m’immatriculer en auto-entrepreneur ?
Si vos revenus annexes dépassent 10 000 €/an pendant 2 années consécutives, vous devez vous immatriculer en micro-entreprise ou en déclaration contrôlée.
Si vos revenus sont inférieurs à 10 000 €/an : Pas d’obligation d’immatriculation, mais déclaration obligatoire dans votre déclaration de revenus (formulaire 2042 C).
Conseil Compta Santé :Même en dessous de 10 000 €, ouvrez un compte bancaire dédié pour séparer vos revenus de consultation et ceux des réseaux sociaux.
Quelles sont les cotisations sociales sur mes revenus de réseaux sociaux ?
Les cotisations sociales dépendent de votre régime et de votre revenu annuel. Elles sont calculées sur le revenu net (après abattement ou déduction des frais).
Revenu annuel | Taux de cotisations sociales | Exemple |
|---|---|---|
≤ 5 000 € | Exonération (mais déclaration obligatoire) | Revenus occasionnels (ex : 1 partenariat/an) |
5 000 € – 77 700 € | ~22 % (régime micro-social) | Revenus réguliers (ex : 500 €/mois) |
> 77 700 € | ~45 % (régime réel) | Revenus élevés (ex : 10 000 €/mois) |
Puis-je monétiser mon expertise médicale en devenant influenceur ?
✅ Oui, mais sous conditions strictes :
Respecter le code de déontologie de votre ordre professionnel (médecins, kinés, infirmiers, etc.),
Ne pas promouvoir de produits de santé sans autorisation (ex : médicaments, dispositifs médicaux),
Être transparent : Mentionner votre numéro RPPS (médecins) ou ADELI (paramédicaux) dans vos contenus sponsorisés.
❌ Attention, il vous est interdit de :
Prescrire des traitements en ligne,
Divulguer des informations confidentielles (même de manière anonyme),
Faire de la publicité trompeuse (ex : promettre des résultats thérapeutiques non prouvés).
Dois-je mentionner mon statut de professionnel de santé dans mes contrats de partenariat ?
Oui, c’est obligatoire.
Pourquoi ? Pour éviter toute confusion entre votre rôle de soignant et celui d’influenceur. "Je suis [métier], inscrit(e) au tableau de l’Ordre sous le numéro [XXX]. Ce contenu est à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale."
Qu'est-ce que je risque si je ne respecte pas les règles déontologiques ?
Les sanctions varient selon la gravité de l’infraction :
Avertissement (premier manquement).
Suspension temporaire de votre droit d’exercer.
Radiation du tableau de l’Ordre (dans les cas les plus graves).
Poursuites judiciaires (en cas de publicité mensongère ou de mise en danger de patients).
Puis-je créer une société (SASU, EURL) pour gérer mes revenus de réseaux sociaux ?
Oui, mais ce n’est pas toujours nécessaire.
Avantages :
Séparation claire entre votre activité libérale et vos revenus en ligne.
Possibilité de protéger votre patrimoine personnel.
Inconvénients :
Coût de création (~200-500 €).
Comptabilité plus complexe (obligation de tenir une comptabilité complète).





