L'essentiel
Vos obligations en bref
Depuis le 1er septembre 2026 : avoir une plateforme agréée pour recevoir les factures de vos fournisseurs.
À partir du 1er septembre 2027 : émettre en format électronique vos factures soumises à TVA destinées à d'autres professionnels.
Vos soins aux patients ne sont pas concernés, ni par l'émission, ni par les sanctions liées.
Droit à l'erreur : pas d'amende pour une première infraction corrigée dans les 30 jours.

Facturation électronique : ce qui devient obligatoire pour les professionnels de santé libéraux

La facturation électronique devient progressivement une réalité incontournable pour toutes les entreprises françaises, y compris les cabinets de santé libéraux et les structures en auto-entreprise.
Depuis septembre 2026, plusieurs nouvelles obligations entrent en vigueur :
la réception des factures au format électronique pour toutes les entreprises ;
l’obligation d’émettre les factures dans un format structuré type Factur-X ;
la transmission des données de transactions et d’opérations à l’administration fiscale, appelé e-reporting pour vos activités soumises à TVA ;
le respect des nouvelles mentions obligatoires.
Rappel important : le temps de conservation légale des documents est toujours de 10 ans.
En clair : un simple PDF envoyé par mail ne suffira plus. Et non, l’administration ne plaisante pas avec les sanctions. Une facture non conforme peut entraîner une amende forfaitaire… par document.
Selon le ministère de l’Économie, la réforme de la facturation électronique vise notamment à lutter contre la fraude à la TVA, améliorer le suivi des transactions, réduire le temps de traitement administratif et moderniser les échanges entre les entreprises et l’Etat
Pour les professionnels de santé, l’objectif est donc double :
respecter leurs nouvelles obligations ;
mettre en place les bons outils avant l’entrée en vigueur du calendrier réglementaire.
Pourquoi les obligations de facture électronique concernent aussi les professionnels de santé libéraux ?

Même si votre cabinet ne ressemble pas à une grande société avec service comptable intégré, vous êtes concerné par la réforme de la facturation électronique. Attention : la facturation de vos soins aux patients et vos échanges avec l’Assurance maladie ne changent pas. Ce sont toutes vos autres transactions qui relèvent de cette réforme.
Qu’est-ce que la facturation électronique exactement ?
Le terme anglais souvent utilisé est e-invoicing. Derrière ce mot se cache simplement l’obligation d’émettre et de recevoir des factures électroniques conformes via une solution informatique sécurisée.
La facturation électronique ne consiste pas simplement à envoyer un PDF par email. Une vraie facture électronique est créée, transmise et reçue dans un format structuré via une plateforme permettant un traitement automatisé des données.
Le gouvernement distingue :
Type de document | Conforme à la réforme ? |
|---|---|
PDF simple envoyé par mail | Non |
Scan papier | Non |
Facture structurée (Factur-X, UBL ou CII) | Oui |
Le dispositif repose notamment sur :
l’utilisation d’une plateforme agréée (ancienne PDP) ;
une solution de transmission sécurisée ;
un système de reporting ;
des échanges de données normalisés ;
Le ministère de l’Économie précise que les entreprises devront utiliser une plateforme partenaire privée agréée par l’État, leur propre outil ne servant à présent qu’à répertorier les entreprises utilisant déjà ce système.
Pourquoi cette réforme a-t-elle été mise en place ?
La réforme poursuit plusieurs objectifs :
lutter contre la fraude à la TVA ;
améliorer le suivi des opérations commerciales ;
automatiser certaines déclarations ;
fluidifier les transactions entre les entreprises ;
renforcer le reporting fiscal ;
moderniser les échanges comptables.
Selon la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), l’écart de collecte de TVA représentait encore plusieurs milliards d’euros chaque année avant la réforme, “6 à 10 , soit 4-5% du montant de TVA effectivement collecté” (source : Le manque à gagner de TVA en France).
Pour les professionnels de santé libéraux, cela implique :
davantage de traçabilité ;
plus de contrôle sur les données financières ;
une meilleure gestion de cabinet grâce à l’automatisation ;
mais aussi davantage d’obligations administratives.
Chez Comptasanté, c’est justement là que l’accompagnement devient utile : choisir le bon outil, comprendre le calendrier officiel et éviter les erreurs coûteuses.
Depuis quand la facture électronique est-elle obligatoire ?

La question revient constamment chez les praticiens : “Quand vais-je devoir changer ma manière de facturer ?” La réponse courte : mieux vaut anticiper maintenant que subir la réforme dans l’urgence.
Quel est le calendrier officiel de la réforme ?
Le calendrier actuellement communiqué par l’administration fiscale est le suivant :
Date | Obligation |
|---|---|
1er septembre 2026 | Réception obligatoire des factures électroniques pour toutes les entreprises |
1er septembre 2026 | Obligation d’émission pour les grandes entreprises et ETI |
1er septembre 2027 | Obligation d’émission pour les PME, TPE et micro-entreprises |
Source : La Facturation électronique arrive en 2026
Concrètement :
les cabinets médicaux ;
les kinés ;
les orthophonistes ;
les psychologues ;
toutes les autres entreprises de santé libérales
devront progressivement adopter des systèmes compatibles avec la facturation électronique. Même une activité en auto-entreprise ou une petite structure en TPE sera concernée dès septembre 2027, et ce au niveau européen.
Quels champs obligatoires doivent apparaître sur les factures ?
C’est ici que beaucoup de professionnels risquent les sanctions sans même le savoir.
Les mentions obligatoires incluent notamment :
le numéro SIREN ;
l’identité du client, prestataire ou fournisseur ;
l’adresse de facturation ;
le numéro de TVA si applicable ainsi que le numéro intracommunautaire le cas échéant ;
la nature des prestations et opérations ;
la date d’émission et d’échéance de la facture ;
les conditions et délais de paiement.
En plus des mentions habituelles (numéro, date, identité des parties, montants), la réforme ajoute quatre mentions :
Le numéro SIREN de votre client professionnel.
L'adresse de livraison des biens, si elle est différente de l'adresse de facturation.
L'option pour le paiement de la TVA d'après les débits, le cas échéant.
La catégorie de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux.
Votre plateforme agréée ou votre logiciel de facturation vous demande ces informations au moment de créer la facture.
Le Bulletin officiel des Finances publiques rappelle qu’une mention manquante peut entraîner une amende fiscale. Et attention au piège classique : beaucoup de praticiens pensent encore qu’un modèle Word “fait maison” suffit. Bientôt, ce ne sera plus le cas.
Votre logiciel métier et de comptabilité ou vos outils de gestion devront être compatibles avec :
la transmission automatisée des données ;
le reporting fiscal ;
les plateformes partenaires agréées ;
les exigences de la facturation électronique.
Quelles sanctions en cas de non-respect des obligations de facture électronique ?

C’est probablement la partie la moins agréable de la réforme. Mais aussi la plus importante pour chaque entrepreneur. Car oui : il existe de vraies sanctions financières.
Quelles amendes risque une entreprise en cas de non-conformité ?
La loi de finances 2026 a relevé les amendes prévues à l'article 1737 du Code général des impôts :
Manquement | Amende | Plafond |
|---|---|---|
Facture non émise au format électronique | 50 € par facture (contre 15 € avant) | 15 000 € par an |
Données de e-reporting non transmises | 500 € par transmission (contre 250 € avant) | 15 000 € par an |
Aucune plateforme agréée choisie | 500 € après une mise en demeure restée sans effet pendant 3 mois, puis 1 000 € par trimestre | Jusqu'à régularisation |
Bonne nouvelle : la loi prévoit un droit à l'erreur. Aucune amende n'est appliquée pour une première infraction (sur l'année en cours et les 3 précédentes), si vous la corrigez spontanément ou dans les 30 jours qui suivent la demande de l'administration.
Ces sanctions concernent vos factures entre professionnels, pas vos patients
Pas d'inquiétude : vous ne risquez pas 50 € d'amende parce que vous n'avez pas envoyé de facture électronique à un patient. Vos soins exonérés de TVA sont exclus de l'émission électronique et du e-reporting, et la télétransmission SESAM-Vitale reste la règle. Les sanctions visent uniquement les opérations soumises à TVA entre professionnels (vente de matériel, formations, sous-location) et l'absence de plateforme pour recevoir vos factures.
Combien de temps faut-il conserver ses factures ?

La durée légale de conservation reste une obligation majeure de conformité.
En France, les documents comptables doivent être conservés pendant 10 ans, et les documents fiscaux pendant 6 ans.
Cela concerne :
les factures clients ;
les justificatifs et preuves de paiement ;
les données comptables, comme les bilans ;
les déclarations d’impôts.
L’administration peut vous demander tous ces documents lors d’un contrôle fiscal.
Et là encore, attention : un dossier informatique mal classé n’est pas une politique d’archivage conforme. La clé ? La dématérialisation.
La réforme impose également :
l’intégrité des documents ;
leur lisibilité ;
leur disponibilité dans le temps.
Autrement dit, vos outils de dématérialisation doivent permettre :
un stockage sécurisé ;
une récupération rapide ;
une conservation fiable des données et des transactions.
Comment se préparer concrètement à la facturation électronique ?
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de devenir expert en fiscalité numérique du jour au lendemain.
Quels outils choisir pour être conforme ?
Le plus important est d’utiliser des outils compatibles avec les futures exigences de la facturation électronique.
Votre solution doit permettre de respecter chaque obligation :
d’émettre des factures dans le bon format ;
d’automatiser la réception de factures partenaires ;
d’assurer le reporting des données ;
de suivre les transactions ;
de respecter les obligations fiscales.
Vérifiez notamment :
si votre logiciel de comptabilité ou de gestion est compatible avec les plateformes ;
si des mises à jour sont prévues ;
si l’éditeur prévoit une connexion avec une plateforme partenaire agréée.
Pour les professionnels de santé, il est souvent préférable de choisir des outils déjà utilisés dans le secteur médical ou paramédical. Pourquoi ? Parce qu’ils tiennent compte :
des spécificités des prestations de santé ;
des exonérations fréquentes de TVA ;
des contraintes des cabinets libéraux ;
et des exigences propres aux professionnels de santé.
Pourquoi se faire accompagner avant l’entrée en vigueur ?
Parce qu’attendre la dernière minute est rarement une stratégie gagnante en comptabilité.
Les professionnels qui anticipent aujourd’hui auront le temps :
de tester leurs outils ;
de vérifier leur conformité ;
de former leurs équipes ;
de corriger les erreurs ;
de respecter le calendrier officiel avant l’entrée en vigueur.
Un cabinet spécialisé comme Comptasanté peut notamment vous aider à :
comprendre les nouvelles obligations ;
choisir une plateforme agréée (nous avons déjà sélectionné les meilleures en termes de simplicité d’utilisation et de conformité) ;
sécuriser les données ;
organiser le reporting ;
éviter les sanctions.
L’objectif n’est pas seulement de “faire plaisir” à l’administration fiscale. C’est surtout d’éviter :
les pénalités ;
les erreurs de TVA ;
les oublis de transmission ;
les problèmes de trésorerie ;
les défauts de conformité.
Conclusion : mieux vaut anticiper que subir les sanctions
La réforme de la facturation électronique transforme profondément les habitudes des professionnels libéraux de santé. Et oui, les sanctions existent réellement :
amendes par facture ;
pénalités de reporting ;
risques fiscaux liés à la TVA ;
sanctions en cas de non-conformité.
La meilleure stratégie reste donc l’anticipation.
Mettre en place les bons outils aujourd’hui permet de :
sécuriser son activité ;
simplifier sa gestion ;
respecter le calendrier réglementaire ;
éviter des sanctions inutiles ;
Chez Comptasanté, l’objectif est justement de rendre ces sujets compréhensibles, accessibles et un peu moins anxiogènes pour les praticiens libéraux. Parce qu’entre gérer les patients, les soins, les rendez-vous et les obligations fiscales… personne n’a envie de passer ses soirées à décoder des textes administratifs.
Nos conseillers vous rappellent
FAQ : Facture électronique et obligations
Qui est concerné en 2026 ?
Toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, soignants libéraux compris. Seules les grandes entreprises et les ETI doivent déjà les émettre. Votre cabinet, lui, émettra à partir de septembre 2027.
Le format PDF est-il encore autorisé ?
Oui, pour vos patients. Entre professionnels, un PDF reste toléré tant que l'émetteur n'est pas tenu d'émettre en électronique, soit jusqu'au 1er septembre 2027 pour les TPE et PME. Ensuite, seuls les formats structurés Factur-X, UBL et CII seront conformes.
Comment envoyer une facture conforme ?
Vous créez votre facture dans un logiciel ou une plateforme agréée compatible, qui la génère au bon format et l'envoie sur la plateforme de votre client grâce à l'annuaire central. Vous suivez ensuite son statut : déposée, rejetée, refusée ou encaissée.
Quand la facture électronique devient-elle obligatoire en France ?
La réception des factures électroniques deviendra obligatoire pour toutes les entreprises à partir du 1er septembre 2026. L’obligation d’émission s’appliquera progressivement selon la taille des structures, avec une généralisation aux PME, TPE et micro-entreprises prévue pour septembre 2027.
Est-ce légal d’envoyer une facture par mail ?
Oui, envoyer une facture par mail reste légal aujourd’hui si le prestataire accepte ce mode de transmission. En revanche, dans le cadre de la réforme, un simple PDF envoyé manuellement ne suffira plus à partir de septembre 2026 : certaines factures devront transiter par une plateforme conforme et respecter un format structuré reconnu par l’administration fiscale.
Quels sont les champs obligatoires d’une facture électronique ?
On retrouve les mentions habituelles : identité et SIREN du vendeur, identité du client, numéro et date de facture, détail des prestations, montants HT et TVA si elle s'applique, conditions de paiement. La réforme y ajoute le SIREN du client, la catégorie de l'opération, l'adresse de livraison si elle est différente et l'option pour la TVA sur les débits, le cas échéant.
Que risque un professionnel de santé en cas de facture non conforme ?
Depuis la loi de finances 2026, l'amende est de 50 € par facture non conforme, dans la limite de 15 000 € par an. Elle ne concerne que vos factures soumises à TVA destinées à des professionnels, pas vos soins aux patients. Une première erreur corrigée dans les 30 jours n'est pas sanctionnée.
Combien de temps faut-il conserver les factures électroniques ?
Les factures électroniques doivent être conservées pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice comptable. Elles doivent rester lisibles, accessibles et sécurisées pendant toute cette durée afin de pouvoir être présentées à l’administration en cas de contrôle fiscal.
Une question spécifique ? Consultez notre FAQ facture électronique.






